Loi Pécresse : pourquoi nous sommes contre
Voici un court (*rire*) texte paru dans le journal de l’iep, Caractères, rédigé par mes soins. Il m’était demandé de défendre la posititon contre la loi pécresse dans un débat écrit. A savoir qu’après deux semaines de quêtes, ils ont fini par trouver quelqu’un qui était pour à l’iep …
ce repaire de dangereux gauchistes, pire que le mirail
Je vous laisse donc savourer ma prose si fantastique et extraordinaire vous provoquant des pulsions sexuelles si intenses (ne dégueulez pas tout de suite, ça fais sale) . Bref, bonne lecture.
Non, pas tout de suite, juste avant : lisez au moins la loi : Loi relative aux libertés et responsabilités des universités
J’ajoute juste que cette loi a été voté en plein mois d’août et l’UNEF faisait partie des négociation. j’aurais l’occasion de brûler une fois de plus ce syndicat dit “majoritaire”.
Maintenant, je vous propose de lire :p
“Une analyse critique de la loi Pécresse
( tirée de l’analyse du comité de lutte de l’UT1 )
Il faut d’emblée savoir que cette loi s’inscrit dans le “ processus de Bologne ”, de 1999, qui institua une réforme au niveau européen harmonisant l’enseignement supérieur. Or le point principal est la mise en place d’une autonomie budgétaire des universités. C’est ainsi qu’a été mise en oeuvre la réforme LMDE en 2002 et la loi sur les Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) aujourd’hui. De manière générale, ce projet est porté par tous les gouvernements successifs depuis les années 80. Est-il vraiment si nécessaire ? Nous allons vous montrer pourquoi non. La perversité de cette loi c’est qu’elle ne dit rien ou presque mais ses conséquences sont désastreuses sur tous les plans.
La principale disposition de la loi est le fait que les universités pourront créer des fondations qui disposent de l’autonomie budgétaire. Il faut être clair, nulle part dans cette loi on nous parle de privatisation de l’université. Cependant, ces fondations avec autonomie budgétaire pourront être financer par des entreprises privées. Loin d ‘un démon de l’entreprise, il faut rappeler que l’objectif premier d’une entreprise est la rentabilité. Or, si celles-ci investissent dans l’université, il est certain qu’elles exigerons des contreparties. Certaines filières sont justement peu ou pas rentables, comme par exemple dans les sciences humaines (psycho ; histoire). On risque de voir disparaître ces filières non-rentables faute de financement. Pour une entreprise, former des analystes financiers est sûrement plus utile que des historiens de l’art. Mais quid de la liberté d’étudier selon nos aspirations ? On nous parle souvent de la nécessité de professionnaliser mais, selon les économistes eux-même, elle ne pourra réduire que d’1/10e le chômage étudiant ! Ce n’est donc pas une solution et c’est bien un réforme plus générale de l’emploi que nous demandons qui aille à l’inverse de la logique actuelle, et non l’immobilisme comme il est parfois supposé.
Au niveau budgétaire, on trouve quelque chose d’assez paradoxal chez nos voisins européens. Alors que le budget de l’enseignement supérieure augmente constamment, on découvre que les frais d’inscriptions augmentent eux-aussi !
Dans certains pays tel l’Angleterre cela fait environ 10 ans que l’autonomie est mise en oeuvre. Et que voit-on : des frais d’inscriptions supérieurs à 2000€. C’est une réalité de la LRU : les frais d’inscription vont augmenter. Pour une raison simple : l’université aura besoin d’argent et elle l’aura d’une part avec les entreprises, d’autre part avec l’augmentation des frais d’inscription. Là encore, rien n’est écrit dans la loi, mais rappelons juste que, objectivement, la logique actuelle est bien le désengagement financier de l’État dans les services publics. Quant aux bourses supposées aider les étudiants, il faut rappeler que l’Angleterre fonctionne avec un système de bourse au mérite, différent du nôtre.
Mais, la LRU dépasse ces aspects purement financiers et institue une très forte régression dans la démocratie à l’université. En effet, selon l’article 6, le président dispose d’un droit de veto sur la nomination des personnels. En pratique, cela se traduira par la nomination des amis du Président. Celui-ci n’est d’ailleurs plus nommé que par le Conseil d’Administration (CA) et plus les autres conseils. Ceux-ci ( le Conseil Scientifique et le CEVU ) sont réduis à un rôle consultatif. Le CA devient seul organe de décision et le président un véritable gestionnaire en ressources humaines. La loi ne s’arrête pas là puisque ce CA subit de profond changements. Réduit à 30 membres au total, les personnalités extérieures (dont des chefs d’entreprises) y occupent 5 à 7 places alors que le poids des étudiants est réduit à 3-5 places et celui des personnels à 2. Ainsi, les personnalités extérieures ont plus de poids que les étudiants et personnels réunis. Ces mesures sont un grave danger pour la démocratie à la fac.
Par rapports aux “ employés ” de l’université puisque celle-ci se voit rentrer dans un fonctionnement d’entreprise, puisque “ Le président peut recruter pour une durée déterminée ou indéterminée des agents contractuels ” (art 19).
En clair, les agents ne sont plus fonctionnaires mais de simples employés. Cela participe au projet de suppression de 15000 postes de fonctionnaires en 2008. Cette disposition concerne aussi les enseignants-chercheurs. Concernant la recherche, désormais le CNRS se voit imposer les orientations de recherche par l’université. La recherche fondamentale risque de disparaître au profit de la recherche appliquée. En clair, l’université, la recherche, les enseignants et les personnels au service d’une logique de marchandisation de l’éducation et non de formation aux savoirs.
Un dernier aspect est la mise en place de disparités importantes entre les universités. En effet, il est naïf de croire que toutes les facs de France sont à égalité. Il y a plus intérêt à investir dans des bassins porteurs d’emplois que dans les déserts économiques. Cette logique est illustrée parfaitement avec la volonté de la Sorbonne de produire des produits dérivées de marque “Sorbonne”. La fac de Lille aura sûrement un peu plus de mal à se vendre. on nous propose donc bien une fac à deux vitesses, et même si c’est déjà en partie le cas, est-ce une raison pour l’amplifier dramatiquement ?
Plus globalement, l’ouverture à l’entreprise de l’université prépare un terrain favorable à une future privatisation, qui est déjà intervenu dans le reste de l’Europe. Car une fois les financements dans l’entreprise, les projets lancés, il sera d’autant plus difficile de faire marche arrière et de résister à l’ouverture totale des capitaux au privé, soit la privatisation. Tout cela, au détriment de notre idée de l’université : gratuite, critique, populaire et de qualité.
NB : Il n’est pas pris ici en compte des dispositions issues des négociations auprès du gouvernement, car rien ne garantit pour l’instant l’effectivité de ces mesures, contrairement à la loi, même si les décrets d’application ne sont pas parus.
G. S. pour le comité de lutte de l’UT1″
NB bis : par rapport aux mesures, je peux dire tout le mal que j’en pense. PAr rapport aux magnifiques 15 milliards proposés par Pécresse, en fait l’augmentation n’est que de 5 milliards en 5 ans,c e qui fera un budget de 15 Milliard au total. Ensuite, cela équivaut à un milliard par an. or, il se trouve que dans ce milliard il y a environ 60% qui sert à financer … les retard de paiements. Ajoutez à ça les diverses contributions normales .. il reste au final 150 millions d’euro .. soit moins d’un milliard en 5 ans … vive le budget de l’enseignement supérieur. Cela revient à 1% environ. Si vous ne me croyez pas, allezlire la loi de finance 2008.
Ensuite, concernant la super giga réforme qui va tout casser sur l’échec en licence .. elle était prévue en octobre prochain, elle est juste avancée de 6 mois. Quand aux promesses de non-sélections à l’entére de l’université, je n’y crois guère, désolé, je pessimise un poil. Et la circulaire auquels sont associés l’UNL et la FIDL ( les syndicats lycéens) j’attends de voir le résultat. Si je me suis trompé, je vous en ferais part. Mais, le fond du texte sur la démocratie universitaire et sur le processus de privatisation reste là. Bref, 21 ans après la mort de Malik Oussekine
(désolé, je parle souvent de lui, il est tombé dans la lutte contre le projet Devaquet, 1986, gouvernement … de droite (Chirac) et déjà l’autonnomie des universités .. et fait, l’autonomie remonte à mai 68, elle était souhaitée parce que l’Etat gérait lui-même les contenus des enseignements et empêchait tout regard critique, paradoxal non ?)
21 ans après la mort de Malik, l’échec en 2007. Ah oui, n’oublions pas la suite : suppression des BEP pour “revaloriser les diplômes pro” avec en clair : ceux qui vont dans les fillières pro ne peuvent plus revenir dans le général, à part le BTS (avec un nombre de places très restreint), plus aucun diplôme en 2 ans .. et bien sûr, le contrat unique.
JEU : toi aussi tu as envie de t’amuser ? Alors participe : le contrat unique, avant ou après les municipales ? Attention : si tu répond avant noël, le jeu sera coté en Bourse !
Sur ce, à bientôt dans les luttes. Une de perdue … :p
Après les municipales.
Faut pas déconner quand même XD.
Quoi que, si Super Sarko (oui, SS) va sauver le contrat unique… Après tout il est chaud dans les contrats là. Il est même arrivé à vendre le rafale. C’est vraiment Super Sarko.
De toute façon il va sauver le monde.
TF1 l’a dit.
…
Et très bon article sinon, t’arrive même à être clair ^^.