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Le Figaro – L’éditorial de Paul-Henri du Limbert du 9 avril.

La chose est entendue, un gouvernement ne doit jamais se fâcher avec la jeunesse. La droite et la gauche en ont fait l’amère expérience depuis vingt-cinq ans. Mais, dans le même temps, il ne doit pas donner l’impression de trembler devant la première «révolte lycéenne» venue, avec ses slogans simplificateurs et ses mots d’ordre vengeurs. Le gouvernement de François Fillon ne paraît pas sur cette ligne-là, et c’est tant mieux. Un lycéen qui bat le pavé parisien et promet «un printemps chaud» n’a pas toujours raison, loin s’en faut. (mais toujours tort, évidemment)

Xavier Darcos et ses prédécesseurs n’ont pas attendu la fameuse RGPP (réforme générale des politiques publiques) pour constater une vérité d’évidence. Les moyens consacrés au lycée ont augmenté depuis vingt ans, tandis que le nombre d’élèves diminuait. Ce n’est pas faire injure aux socialistes, qui stigmatisent «la régression» dont serait victime l’école, que de leur rappeler le constat brutal dressé il y a dix ans par l’un des leurs : «Il faut dégraisser le mammouth.» Or, depuis la sortie de Claude Allègre, l’embonpoint n’a guère changé. L’Éducation nationale demeure cette énorme machinerie au fonctionnement parfois opaque (serais-ce une secte ?) qui compte 1,2 million de fonctionnaires. Et qui peut dire que le monde entier envie le «modèle» français et s’en inspire ? Malheureusement, si la qualité de l’enseignement dépendait du nombre de professeurs, cela se saurait. Le taux d’encadrement de l’école française est un des plus élevés au monde, avec un enseignant pour 12 élèves, mais, dans tous les classements éducatifs internationaux, le pays perd peu à peu son rang.

Depuis longtemps, l’erreur des «lycéens en colère», et avec eux celle des socialistes, est de s’enfermer dans la seule logique comptable. (ou quand c’est politique, c’est éminemment gauchiste)

La suppression de 8 800 postes, dit l’Unef, c’est «une faute politique». Rien que ça. Mais si «faute politique» il y a eu, n’est-ce pas celle qui a consisté à faire croire aux lycéens durant des années que le «toujours plus» d’enseignants était forcément un gage de qualité ? (en faudrait-il moins ?) La vraie question, c’est l’organisation de l’enseignement, sa refonte, la révision de la politique d’orientation de la seconde à la terminale, le rééquilibrage entre les diverses filières, le réexamen de la politique des options, etc. Bref, la réforme du lycée que Xavier Darcos va entreprendre. La perspective alarme certains syndicats d’enseignants qui, comme toujours dans ces cas-là, ont tendance à jeter les lycéens dans les rues. (admirez un la stigmatisation des syndicats, et le mépris pour une jeunesse pas capable de s’auto-organiser) Car le «jeune en colère» est une proie facile, réceptif aux arguments de ceux qui, comme la FSU ou le Mouvement des jeunes socialistes, poussent les feux de la «mobilisation» contre le gouvernement. Au nom d‘arguments dépassés, ils ressortent de vieilles ritournelles, attisent les passions et prennent le risque de débordements.

Des lycéens qui manifestent, un gouvernement qui recule : les Français connaissent le film par cœur depuis un quart de siècle (la chienlit n’est pas loin). Il appartient à Nicolas Sarkozy et François Fillon de changer un scénario qui voit toujours une petite minorité, souvent manipulée, imposer ses vues à une majorité toujours impuissante. (sic)

Et qu’on aille me dire après que ceux qui se disent apolitique ne défendent pas le système et ne sont bien sûr pas politisés.

9 avril 2008 - Posté par rastanarko | échos des papiers désorientés | , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

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