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No to NATO (2) : la manifestation du samedi

Du 2 au 5 avril dernier s’est tenu à Strasbourg le contre-sommet de l’OTAN, qui fête cette année ses 60 ans d’existence. J’y était présent en qualité de militant anti-guerre toulousain. Devant les absurdités médiatiques générales balancées ici ou là, il me semble nécessaire de faire un compte rendu absolument subjectif qui rend compte de la réalité des évènements et de la manière dont je les ai vécu. Tout ce qui est dit ici n’engage que moi et en aucun cas les organisations auxquelles j’appartiens. les articles peuvent se lire séparément mais doivent se comprendre dans leur ensemble pour saisir le sens général de ce qui est ici décrit.

légende :

ligne jaune : parcours de la manif.
Agent : cordon de police. avec heure : charge de la police.
feu de bois : Affrontement / barricade
Volcan : bâtiment brulé
drapeau : manifestants

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La journée de la manifestation a débuté pour nous vers 10h et demi du matin. Plusieurs groupes étaient alors partis au cours de la nuit pour mener des actions de blocage pacifique non-violent dans les différents points d’accès au Sommet.

Nous partons donc pour le point de rendez-vous situé à 6km de marche du camp, avec un sentiment diffus que ça va grave chier des bulles. Sur le chemin, on croise la caserne militaire qui avait été taguée la veille, ainsi que des cordons de CRS à chaque coin de rue, leur nombre se multipliant au fur et à mesure que nous nous rapprochions du centre ville.

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2 km du centre ville
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1 km du centre ville

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Alors que nous suivons le chemin officiel pour nous rendre au point de rassemblement pourtant situé largement à l’écard du centre-ville, on se retrouve bloqué vers 11h devant un barrage de CRS bien décidé à ne pas nous laisser passer, sous le motif de … ils s’en foutent.

on ne passe pas, raisons de sécurité. Sachant qu’on était dans notre bon droit puisque c’était le chemin officiel, les black bloc sont alors entrés en scène (j’ai déjà dit que j’y reviendrais plus tard accompagnés par quelques anars entreprennent de forcer le barrage qui se retire une bon quart d’heure plus tard. la tension montait alors d’un cran.

Nous nous dirigeons ensuite vers le pont de l’Europe qui enjambe le Rhin et qui fait frontière avec l’Allemagne. nous étions sencés y faire la jonction avec 8000 militants qui se trouvaient côté allemand. Mais la police n’avait pas reçu les ordres et refusa de nous laisser passer.

On se replia alors vers le point de départ de la manifestation, au point nommé jardin des deux rives.

Flotte alors un air de fête de l’Humanité, le grand gourou Olivier Besancenot s’exprimant sur la tribune, Marie-George Buffet passant près de nous, émoustillations et mouillage de culotte/slip en perspective. La fête hippie ne durera pas. Pendant ce temps se déroule à quelques centaine de mètres des affrontements avec la police. Un ancien poste de douane désaffecté sera brûlé, puis ce sera au tour du local de l’office du tourisme, lui aussi désaffecté. Les tirs de grenades assourdissantes se rapprochent alors, jusqu’à ce que les bombes lacrymogènes atterissent en plein milieu des manifestants pacifistes.

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fumée claire : lacrymo
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fumée sombre : bâtiment qui brûle

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15h : départ de la manifdsc_242200011

Dans la précipitation, la manifestation prend alors son départ, à un pas rapide, en direction inverse du trajet officiel, celui-ci étant barré par les affrontements avec la police. On s’éloigne un peu des bâtiments en flamme et l’on se retrouve le long du Rhin. Arrivé à la prochaine intersection, nous voyons à notre droite sur le pont Vauban un ensemble de sécurité jusque là jamais rencontré : les canons à eau derrière des grilles métalliques. Nous bifurquons à droite et nous engageons alors dans la rue du port du Rhin. Derrière, les affrontements commencent, les black bloc essayant de forcer l’entrée vers le centre ville, sans succès. De nombreux manifestants en contrebas se font gazer.

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16h : Dans la rue du port du  Rhin

En passant devant la manif, j’ai pu voir au bout de la rue du Port du Rhin, de l’autre côté d’une voie de chemin de fer surélevée, un cordon de CRS déployé, avec derrière lui un bâtiment qui brûle. Ce bâtiment se révèlera être l’Hotel IBIS, qui deviendra ensuite le symbole médiatique des violences des « casseurs ». De l’autre côté, à l’arrière de la manif, ça commence à chauffer entre CRS et black blocs, les cordons de CRS se rapprochent.

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l’hôtel Ibis brûle, les policiers barrent la route
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des « hommes (et femmes) en noir dans la foule

La manifestation commence à ne plus pouvoir avancer, bloquée à l’avant par les cordons de CRS qui arguent du fait qu’il faut attendre d’avoir éteint le feu. Des imbéciles sans aucun fond politique caillassent une Poste puis une entreprise industrielle sur l’un des côtés de la rue. Des groupes autonomes poussent deux wagons de marchandises à l’arrière pour bloquer l’avancée des policiers, mais bloquant du même coup toute retraite rapide de notre part. Derrière les CRS avancent toujours, les affrontements se rapprochent du cortège, la tension et la pression montent.

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Tout à coup, des dizaines de personnes cagoulées et habillées de noir, (pas uniquement des black blocs), se ruent vers la voie ferrée et caillassent les CRS situés de l’autre côté. J’ignore qui a provoqué qui en premier, toujours est-il que la tension étant extrême, il était prévisible que ça allait péter dans un sens comme dans l’autre.

Après quelques charges et contre charges, les CRS décident d’en finir et déboulent sur l’ensemble des manifestants. ils gazent tout le monde, que ce soit blocs, anars, pacifistes, membres de partis, toute la manif en prend plein la gueule. Ils tirent également des flashball à hauteur de visage, ainsi que balancent des grenades déflagrandes (assourdissantes)  sur les gens. On se replie en arrière mais on constate vite que l’on est complètement prix au piège, dans une souricière. On tente de fuir par les rues adjacentes, mais les flics nous barrent la route. On se replie ver l’arrière, ons e fait également gazer. Et devant ça continue.

Pour sortir de ce bourbier, le cordon de crs à l’arrière accepte de laisser sortir les pacifistes par une ouverture dans leur cordon. Quelques dizaines de personnes peuvent sortir jusqu’à ce que la tension remonte et qu’ils gazent à bout portant tout le monde et qu’ils tirent des grenades à moins de 10 mètres sur les manifestants pourtant pacifiques, les mains en l’air.

Après cette nouvelle provocation, la brèche se réouvre et nous pouvons enfin sortir de cette souricière. Devant nous les wagons qui bloquent en partie la route. les organisations politiques forment un cortège, le NPA face aux CRS, et ils commencent à reculer doucement. Nous, toulousains, attendons encore, voyant qu’il nous manquait des camarades et que plus de mille personnes étaient encore coincées de l’autre côté des cordons, qui menaçaient de se refermer sur eux. Finalement, 10 minutes plus tard, le reste des troupes sera sorti de la souricière. On pousse sur le côté les wagons et l’on se dirige vers …

17h : La retraite sous escorte crs-6

… Un nouveau barrage policier, resté en arrière. Ceux-ci sont beaucoup plus menaçant. Ils nous gazent encore croyant qu’on els attaque mais en fait non, c’est juste pour le plaisir sadique de détenir ce « monopole de la violence légitime ». Sur les côté, des canons à eau, des dizaines et des dizaines de voitures de CRS garées sur les rues derrière. crs-10On nous indiquent la voie à suivre : demi tour sur le début de la manif, et on nous dirige vers le parcours « officiel » pour la préfecture : une boucle dans une zone industrielle désaffectée, sans habitant, avec escorte policière partout autour de nous. Bref, une manif qui ne dérange personne et qui amuse les forces de l’ordre.

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18h – 20h : La longue marche en chantant

On suit cette longue longue route, parcours officiel de la manif qui nous mène ensuite au camp. Mais les policiers ont décidément un véritable goût pour nous emmerder. Alors que nous allions prendre une rue qui passe par un des quartiers du Sud de Strasbourg afin de rejoindre le camp fourbus, un nouveau barrage de CRS nous bloque, nous expliquant qu’on n’a pas d’autorisation pour entrer au camp sans carte d’identité. comme pas mal d’entre nous n’avaient pas leurs papiers, on décide de continuer jusqu’à la prochaine bifurcation, simple changement de parcours. Entre temps, des camarades de CGT passent en voiture et nous apporte de quoi nous restaurer, après toutes les épreuves du jour.

On arrive au rond point où nous sommes censés tourner pour rentrer au camp. Et là, nouveau barrage de police. consternation.
On se rend alors compte que nous somme suivis par 13 voitures de CRS qui nous regardent marcher depuis près d’une heure déjà.

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Après de vaines tentative de « négociation »avec les CRS qui en lâchent rien, on poursuit la route. Au lieu de faire 6 km pour rentrer au camp, on en fera 15, sachant que les sorties suivantes étaient inaccessibles. On finira la manif par un chemin de forêt ridicule arrivant par l’arrière au camp, conclusion humiliante d’une journée longue et difficile, où nous avons pu voir toute la violence que peut provoquer l’ordre sécuritaire.

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7 avril 2009 - Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

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