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No To NATO (4) : de la violence politique

Du 2 au 5 avril dernier s’est tenu à Strasbourg le contre-sommet de l’OTAN, qui fête cette année ses 60 ans d’existence. J’y était présent en qualité de militant anti-guerre toulousain. Devant les absurdités médiatiques générales balancées ici ou là, il me semble nécessaire de faire un compte rendu absolument subjectif qui rend compte de la réalité des évènements et de la manière dont je les ai vécu. Tout ce qui est dit ici n’engage que moi et en aucun cas les organisations auxquelles j’appartiens. les articles peuvent se lire séparément mais doivent se comprendre dans leur ensemble pour saisir le sens général de ce qui est ici décrit.

Maintenant qu’on y voit un peu plus clair quelques réflexions autour des “violences”.

Avant tout : je rappelle que

je suis contre l’usage de la violence physique comme mode d’action politique, par conviction personnelle.

http://keskiaika.k.e.pic.centerblog.net/rd2nolea.jpgMais tout ce qu’il y a eu à Strasbourg nous a tous, militants pacifistes beaucoup fait réfléchir. Parce que ce n’était pas la violence des anti-OTAN qui sautait aux yeux mais bien al violence policière. Quand lors du contrôle d’identité du vendredi, j’ai fait remarquer à un flic que 200 CRS en arme autour de 60 personnes c’était de la violence psychologique on m’a répondu que “tant que ce n’était pas physique, tu n’a rien à dire” … et j’ai eu droit à une deuxième fouille au corps ensuite.

Je ne suis bien évidemment pas d’accord avec ce cher assermenté. car la violence symbolique était partout, ce sentiment permanent d’être observé, que le moindre de nos faits et gestes était une concession qu’ils faisait. nous n’étions pas en liberté, ni en démocratie à Strasbourg. c’était l’Etat de siège, l’Etat d’urgence, l’Etat sécuritaire.

En revenant à Toulouse, j’ai eu la réelle impression de voir des cars de CRS à chaque coin de rue et je me tenais prêt à me faire contrôler. Et je me suis enfui à la première voiture de police croisée en ville, parce que j’avais PEUR. Les personnes qui n’étaient pas là diront peut être parano. En tout cas, c’est ce qu’ils cherchent en face. Parce qu’il ne sert à rien d’avoir un dispositif pareil (plus de 10 000 policiers tout de même) si cela n’inspire pas un minimum la terreur.

strasbourg-13

Et du coup, je pense pouvoir affirmer que l’Etat a strasbourg a fait joué une stratégie de Terreur permanente, et qu’en cela l‘Etat a été terroriste. Et forcément, face à un contexte de terrorisme étatique et à la levée de tout cadre démocratique, la question de la violence ne se pose plus de la même manière. Parce que les résistants, pendant la seconde Guerre Mondiale, furent traités de terroriste par Vichy, lorsqu’ils faisaient dérailler des trains ou menaient leurs actes de sabotage.

Et l’on le voit aujourd’hui, accuser quelqu’un de terrorisme est le meilleur moyen de l’empêcher de s’inscrire dans le cadre démocratique, que ce soit pour certains prisonniers innocents de Guantanamo, ou que ce soit pour Julien Coupat, en taule parce que suspecté sans preuves d’avoir “saboté” des lignes SNCF. n’oublions pas que les anarchistes du XIXe siècle commirent des actes de sabotage et des attentas. N’oublions pas Action Directe.

Au final, la question n’est même plus de condamner l’acte en lui même, mais de savoir de quoi l’acte est-il l’expression et en quoi en est-il légitime. il n’y a que sur ce registre que l’on peut comprendre ( sans JUSTIFIER !!) toute cette violence politique. Vient ensuite la sanction judiciaire, et encore faut-il que la justice reste parfaitement indépendante et intègre sans quoi la peine n’est pas légitime.

Alors est-ce que dans le contexte sécuritaire de Strasbourg, où TOUT était fait pour nous pousser à la violence allant jusqu’à interpeler des CLOWNS !!! est-ce que jeter des pierres sur un barrage de flics situé sur le parcours officiel de la manifestation, est-ce que cet acte est légitime ?

Est-ce que brûler un poste de douane désaffecté ( donc sans personne à l’intérieur) dans une Europe qui prétend avoir abolit les frontières, alors que 9000 personnes sont bloquées de l’autre côté de la frontière franco-allemande, est-ce que c’est légitime ?

Est-ce qu’il n’était pas prévisible que des bâtiments d’utilité publique allaient être attaqué dans un quartier populaire, sachant qu’on avait interdit toute manifestation au sein de ville, y compris en dehors des zones rouges et oranges, et qu’on avait confiné les manifestants à une zone industrielle VIDE ?

le problème n’est pas de trouver une réponse tranchée, unilatérale, mais bien de se poser ce genre de questions.

Et pour revenir sur l’incendie de l’Hotel ibis et de la Pharmacie située juste à côté, la destruction de ces bâtiments est dommageable, surtout qu”ils ne représentent pas un symbole fort du capital à mon sens. Mais, beaucoup d’éléments remettent en question la version officielle sur la véracité de l’origine de ce feu.
On sait que des “groupes violents” ont défoncé l’entrée pour en sortir table et chaise pour monter une barricade. En revanche, de forts soupçons pèsent sur un projectile lâché d’un hélico qui serait tombé par inadvertance sur le toit de l’hotel, déclenchant le feu. Et comment expliquer que les pompiers allemands arrivés sur les lieux dès le début de l’incendie (vers 13h) furent renvoyés chez eux et qu’il a fallu attendre 15h pour que les pompiers puissent attaquer le feu ? Comment se fait-il que des personnes aient pu déclencher un feu d’un telle ampleur, alors que la zone était bouclée de toute part si bien que 30 000 manifestants se retrouvèrent bloqués et pris en sandwichs ?

beaucoup de question qui ne trouvent pas réponse. J’en donnerais une : sans accuser la police d’avoir délibérément brûlé un bâtiment, il est clair qu’il y a un intérêt pour les forces de l’ordre à laisser agir tous les groupes “violents” au sens où sans violence d’une part, il n’y a aucune justification à la répression, or quand tout est organisé pour réprimer fermement, on ne va s’en empêcher sous prétexte qu’on n’a justement PAS de prétexte pour cela.

La police parvient à tenir par le bout du nez 30 000 personnes mais elle est incapable de gérer 500 personnes ? c’est vrai que céder à la violence c’est du coup faire le jeu de la police, mais cette violence là, comme celle des quartiers en 2005, comme celle des ouvriers qui séquestrent leur patron est légitime. parce qu’elle fait face à une violence largement plus grande en face.

Et c’est là la conclusion de ce texte. A Strasbourg, comme pendant le CPE, comme à Tarnac, comme partout dans les entreprises qui ferment ou licencient, la violence est celle du capitalisme. Un licenciement, une délocalisation, la réapropriation par la Capital du Travail, l’exploitation quotidienne, le chômage forcé, la pauvreté, le mal logement, … sont infiniment plus violent que la destruction d’un abribus, sauf que cette violence là est intériorisée et que la violence qu’il y a eu à Strasbourg est une minuscule fraction de ce qui a été intériorisé par le Peuple.

la “force de l’ordre” n’est qu’un outil pour défendre les intérêts de ceux qui dominent.

en langue de manifestant : police nationale : milice du Capital.

http://luttennord.files.wordpress.com/2007/12/police-partout.jpg

Et là où j’ai une interrogation c’est qu’au final, ce ne sont pas les policiers qui font le pire métier du monde, puisqu’ils défendent leurs oppresseurs, qui sont la cible des mouvements sociaux mais ceux qui les dirigent. Parce que comme els militaires, le flic de base est avant tout un prolétaire
Et que nous pourrons faire d’énorme avancées à partir du moment où nous leur montrerons à quelle classe ils appartiennent. Les déserteurs, les insurgés, ceux qui refusent de tirer sur des manifestants existent. Les premiers anti-sarkozyste sont les flics quoi qu’on en pense. Parce qu’ils ne veulent pas servir de chair à défendre le aptronat mais bien défendre le citoyen et la sécurité publique.

rendez-vous à prochaine manif, peut être avec des fleurs, peut être avec des pavés, tout dépend de vous, classe dirigeante !

On y sera tous, plus non-violent que jamais, dans un cadre encore un tout petit peu démocratique, au pays des Bisounours !

9 avril 2009 - Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

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