Bulle de Liberté d’un …

Altermondialiste Archaïque pour une Alternative Humaniste

Home sweet Home

Un dernier mot, avant le prochain

JE n’ai précisément rien contre YAB, soit Yann Arthus Bertrand, ni contre Nicolas Hulot.

Simplement ce sont des bouffons, des amuseurs.

Des gens tellement crédules qu’ils croient que le capitalisme ne peut pas récupérer l’écologie

OU pire, tellement cynique qu’ils font croire cela.

Dans tous les cas, des pauvres types.

Je n’ai pas vu Home, j’ai refusé de le voir. Mais j’en sais assez dessus pour comprendre que

ce film, il n’explique pas que c’est par l’abolition du capitalisme qu’on pourra commencer à résoudre la crise écologique.

Non, ce filmil explique que si on s’y met tous, tous ensemble unis, chacun fait son petit geste, qu’on va sauver la planète.

remplacez planète par économie et vous obtenez la réthorique capitaliste de crise.

Ce film était un clip de propagande qui a permis à la liste de gauche mais de droite d’Europe Ecologie, de faire un coup électoral, pour des élections au demeurant sans aucune implication puisque 60% de la population s’est abstenu, majoritairement, les pauvres.

Bref, les électeurs écolos sont les nouveaux bobos de gauche et de droite. La raison de cet engouement est simple. Ce vote n’a aucune implication concrète. c’est de la bonne conscience. On éteint sa lumière 5 minute et on remplit à raz-bord son 4×4 bio (je n’invente rien) et on engraisse Total, premier pollueur de France. Bref, un vote de riche pour les riches.

Et le pire c’est qu’on se dirige vers un capitalisme “vert”, soit la mise à profit de la destruction de l’environnement. On crée déjà de la richesse en polluant, on créera du PIB en dépolluant.

On appelle ça le progrès

Sans oublier qu’il faut se protéger, des maladies, du cancer, des drogues ..

de l’étranger, du voisin

bref de l’autre

Du monde aussi. Et du pauvre surtout. En somme, refuser de se confronter à la réalité nette que notre vie sur terre à ous n’est possible à terme que si l’on abandonne notre mode de vie occidental consumériste et destructeur. pour aller vers une consommation soutenable , passant évidemment par la re-création du lien social et l’organisation collective.

c’est juste une réalité objective.

A nous de voir si on le fait démocratiquement et volontairement maintenant, ou plus tard par la force et al violence.

Et si c’est l’objectif de Home de dire ce message,

qu’on m’explique pourquoi il est financé par François-Henri Pinault,

patron du groupe PPR, qui .. licencie 400 employés de la FNAC.

(PS : en écrivant ce post, par l’utilisation du net, j’ai émis assez de CO² pour tuer 3 dauphins, 4 ours polaire et 5 pingouins.

EN attendant, l’exploitation de l’uranium par Areva au Niger tue aussi … mais des hommes.

l’émission de daniel Mermet : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1719

27 juin 2009 Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , | 3 commentaires

On a perdu un sous-marin médiatique

J’écris peu en ce moment, et, tel un aprti socialiste, besoin d’une baisse de régime, précédant la fin de ce blog, remplacé par un autre projet pour l’année à venir. Mais tout de même, un mot.

Non je ne parlerais pas un mot de celui qui est mort. Juste que je m’en contrefous.

AAAAAAAAAAAAAAARGH MAIS TU TREND PAS COMPTEEE ?

ON SEN FOUT !!!

Là ça y est ?

Bien, maintenant, intéressons nous à ce qui devrait intéresser nos médias préférés, si friands de “scoop” et de “sensationnel”

non, toujours pas ? …

Une vente de sous-marins au Pakistan en 1995.  Des généraux pakistanais qui alimentent une caisse noire qui aurait servi à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. En échange, rérocomissions aux généraux ayant avancé les thunes, Chirac est élu. Il ne revoie pas la balle et coupe les robinets. En 2002, attentats à Karachi avec 11 français morts, semble-t-il en représailles du non-paiement des rétro-commissions.

Souci : le directeur de campagne de Balladur n’est autre que … Nicolas Sarkozy.

Si vous avez rien compris à es explications, pas grave, Seb Musset l’explique bien mieux :

bref, on a du lourd, du diamant de Bokassa, du rainbow Warrior, un simili-Watergate, en somme, une affaire d’Etat.

Sauf que, assez étrangement, c’est un type noir devenu blanc, puis poudré, qui s’amuse dans les parcs d’attractions et qui accessoirement à fait de la musique qui occupe le devant de la scène médiatique.

Et là on se dit qu’effectivement, le journalisme en France n’existe plus.

Là, on voit le vide abyssal, le manque d’idée, le non renouveau, l’absence de tout travail journalistique dans les rédactions.

Dans quelques jours on ne parlera plus de Karachi. Et puis le président l’a dit, le secret d’Etat ça n’existe plus.

C’est que ça doit etre vrai.

L’affaire ressortira tôt ou tard, il y a encore des personnes qui cherchent à informer plutôt qu’endoctriner dans les médias de ce pays.

Mais tout de même.

Ce sera trop tard. On aura eu encore d’autres années de sarkozysme, de droite, comme de “gauche” “moderne”.

Finalement, ce ne sera pas la grève générale qui fera tomber ce gouvernement, juste une banale histoire de fric.

On changera peut être les pions, … et le flot capitaliste continuera.

Douce France … que je quitte bientôt pour un an … enfin …

Et puis mickael jackson il est mort.

Qu’il crève.

Comme ceux de Karachi

Et tous les autres avec.

27 juin 2009 Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , , , , , | Pas encore de commentaires

La guerre des melons [3] : choc des civilisations

- et la révolution ?

- soyons réaliste

- mais parler de révolution aujourd’hui c’est être réaliste

- tu es utopiste et jeune

- Se résigner c’est accepter !

- Tu comprendra quand tu aura notre âge.

Non, je ne parlerais pas de l’Iran, pas des portuguais et marocains bossant avec nous. Je vais juste dire quelques mots de ma famille d’accueil.

J’ai beau leur dire grand merci pour leur accueil sans contrepartie aucune, j’ai toujours des questions qu me trottent dans la tête.

Je n’ai même pas réussi à les classer politiquement. Une chose est sûre, j’ai rencontré des “français moyens”.

Je n’ai aucune présomption de connaissance de plus que ces gens qui ont l’expérience de la vie, mais j’ai été choqué.

Ils habitent une zone résidentielle. c’était la première fois que j’y vivais plus de 2 jours. Et c’est clair, c’est le pire endroit pour vivre à mon sens.

Leur maison était jolie, avec le garage, le jardin, la piscine, la tranquillité, bref l’accomplissement d’une vie.

Ils ont maison avec la piscine (à crédit) mais n’ont pas de quoi s’acheter de la nourriture de qualité

Et pourtant. Cette maison était une prison. qu’ils soient dedans, ou dehors, elle était toujours fermée à clef. “parce que maintenant, des vols sont commis avec des gens qui sont dans leur jardin et les voleurs embarquent tout le salon sans rien dire”. Pour l’ordinateur, c’était encore pire, il était dans le bureau fermé à clef. L’accès y était restreint pour tous, y compris pour sa fille. La raison était que la maitresse de maison avait tous ses documents personnels dessus. J’ai tenté d’expliquer le système des sessions, sans succès.

Celui qui troque sa liberté contre sa sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre (B. Franklin)

L’autre dimension de cette maison était l’économie. Réduire les efforts à l’extrême pour pas faire de tâche, et pas entrainer des travaux inutile. Louable certes, mais ça tournait à l’obsession. tri selectif, set de table, lave vaisselle, … bref des vrais écolo. Mais la chose gênante était cet énorme écran géant + home-cinema dans la salle à manger. je n’ai pas osé leur dire qu’il consommait plus que tout le reste, surtout si les LED restaient allumées.

Au cours de mon séjour chez eux, je me suis bien sûr adapté à cet environnement complètement étranger à ma vie. Mais j’ai néanmoins abordé les sujets qui fâchent. résultat, quand on a aprlé politique, cela n’a pas duré plus de 10 minutes, avant que ça soit clot brutalement par l’un ou l’autre, ulcéré.

Des sujets sont revenus régulièrement : Sur l’immigration : on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. ce qui m’a etonné c’était que cette famile est elle-même issue de l’immigration à la génération précédente. J’avais déjà constaté ça

Sur l’Etat : il fait tout pour nous voler nos sous.

Et les chômeurs : rien que des fainéants.

Je leur parlait de jouissance de vivre, il me parlait qu’on ne devait pas vivre sans travailler.

c’est là que j’ai compris que ces gens pouvaient être tout aussi bien des “socialistes” (PS) convaincus comme des sarkozystes forcené, aucune différence.

On a aussi parlé désobéissance civile. pas de bol, l’homme de la maison était un ancien flic, justifiant la poltiique du chiffre et expliquant  qu’un ordre c’était fait pour être exécuté. Affaire Coupat ? S’il avait été suspecté de terrorisme c’est qu’il y avait des raisons.

C’est là que je me suis apperçu ce que j’ai esquissé toute l’année de militance : l’endoctrinement idéologique a déjà eu lieu. Il n’y a plus besoin de dictature puisque les gens acceptent de se soumettre. On pense d’abord à sa gueule et ensuite celle des autres. individualisme méthodologique en socio.

Pourtant il reste un léger espoir. l’Etat, cause de tous les maux. Les politiques, de droite ou de gauche, c’est pareil, les syndicats s’en foutent de ceux qu’ils défendent. Alors encore une fois je me suis rendu compte que le premier travail à faire aujourd’hui c’est de montrer que ce n’est pas l’administration, les impôts ou l’Etat l’ennemi, mais c’est ceux qui les dirigent, les capitalistes. Il ne manque pas grand chose, juste une conscience de classe.

Je leur demande s’ils sont heureux, ils me répondent qu’ils ont réussi dans la vie.

(NB : dans le même genre, je vous invite à aller lire Seb Musset, notamment l’article “génération M6″ qui traduit bien ce que j’ai vécu à une échelle plus large.)

19 juin 2009 Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , , , , , , , , , | Un commentaire

La guerre des melons [2] : la chair saisonnière

Alors donc j’ai fais un peu plus d’une semaine, c’est court mais c’est déjà très riche en enseignements.

D’abord sur le taff lui même. c’est une évidence mais il faut le rappeller avant tout, c’était de l’exploitation pure et simple.

Pour s’en convaincre séquence maths :

un seau rempli de melon = 8 melons. Un “palox” = 250 melons. En une heure, à 3 porteurs, on remplissait 6 palox environ, soit 2 chacun.

le salaire était de 8 euros de l’heure. bref, pour ce que vaut un seau, plus value de 2 « palox »moins un seau. En ajoutant que le patron paye le salaire indirect ( cotisations patronales) et qu’une heure de travail lui coûte double de ce qu’il me paye, on a quand meme, pour 16 melon de l’heure, un bénéfice de 500 melons. en somme un rapport de 1 pour trente.

pour le MEDEF on appelle ça l’ajustement offre / demande. En terme gauchiste, c’est juste la guerre sociale.

Nous étions donc exploités. Qui plus est, le doux patron qui nous faisait l’honneur de nous avoir embauchés ne prenait pas la peine de nous faire porter de l’eau pendant qu’on bossait, et nous interdisait même de manger des melons qu’on ramassait, allant jusqu’à les faire payer comme n’importe quel client si on en voulait absolument.

Bien sûr, nous mangions des melons quand même, faut pas déconner. On va pas se laisser crever de soif et de faim pour faire plaisir au patron.

j’ai aussi très rapidement senti les rapports de hiérarchie (qui m’étaient plutôt inconnu dans le milieu militant). On n’était pas tous égaux. Chacun dans sa rangée pour les coupeurs, chacun ses coupeurs pour les porteurs. Si un avait du retard, c’est individuellement qu’un autre l’aidait. On était une équipe mais les liens n’avaient rien à voir avec les liens de camaraderies. J’ai très vite senti que les rapports de domination entre nous ne se fondaient pas sur la compétence (oh?) mais sur la loi du plus fort, bref la jungle d’une concurrence impure et imparfaite.

Cela ne remettait pour autant en rien en cause notre bonne entente. Hormis les portuguais qui vivaient entre eux, on bouffait tous ensemble tous les midi et on est devenu assez pote au fur et à mesure. Je dois d’ailleurs remercier tout le monde parce que sans cette bonne entente, j’aurais pas tenu mentalement comme physiquement plus de 3 jours.

j’ai appris à connaitre des gens qui n’étaient pas du tout de mon milieu (étudiant militant). Avec un jeune de mon âge qui fait les saisons toute l’année et qui en vit. Un type avec un master en comptabilité d’entreprise et qui n’a rien d’autre. Et puis tous les autres, issus de classe populaire et qui n’avaient rien d’autre et pour qui ce boulot c’était de la bouffe dans le frigo pour els mois à venir, point final.
Alors forcément, oui, j’étais “privilégié”, au sens où ce boulot était une nécessité mais pas une obligation vitale.

alors la lutte des classes ? Je n’ai malheureusement pas pu beaucoup en discuter avec les autres saisonniers. Pour les portuguais, aucun doute, ils étaient prêts de leur propre aveu à vendre leur force de travail pour moins que ça tant qu’ils avaient du taff. Et travailler plus de 9h par jour ne leur posait apparemment pas de problème éthique.

La lutte des classes, je l’ai finalement le plus senti au moment de me faire virer. j’avais à ce moment envie de dire ses quatre vérité d’exploiteur au contremaitre puis au patron. Mais je n’ai rien dis, trop surpris par cette annonce et par “respect” pour celui qui m’écrase.

ET là, incroyablement je n’ai eu qu’une seule pensée qui m’est instantanément venue à l’esprit : le syndicalisme.

S’il y avait eu un syndicat, oui, j’aurais pu me défendre, on aurait pu obtenir de l’eau dans les champs, on aurait pu convenir d’un nombre limité de melons par jour, etc .. et surtout on aurait pue xercer collectivement nos droits sociaux.

SAuf que le syndicalisme n’existe quasiment pas dans le travail saisonnier. Comme dans l’interim. comme dans le chômage.

Voila la conclusion finale de cette expérience. Encore plus militer, encore plus s’impliquer, encore plus syndiquer.

Et si ça n’avait pas suffit, on aurait pu faire grève pendant quelques jours. Les 15 ouvriers en grève, il ne peut pas tous les licencier, s’il l’avait fait, on aurait pu saccagé les serres et les champs. bref, on aurait luttés nous aussi, menant bataille dans cette guerre de classe. On aurait peut etre perdu bataille, mais on aurait gardé notre dignité.  Là, nous vendons juste notre force e travail comme un chair à canon corvéable à merci.

Et le pire c’est que ce n’est plus de l’ordre du discours comme j’en ai l’habitude, mais de la pratique.

19 juin 2009 Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , , , , , , | 2 commentaires

La guerre des melons [1] : viré

Ainsi donc j’ai été viré.

Tout avait pourtant pas mal commencé. Un job d’été d’un mois, la saison des melons, un entretien préalable, un petit coup de pression du patron et me voila parti pour ramasser des melons pendant un mois avec une idée simple en tête : gagner le plus de thunes possibles.

Enfin ramasser non, plutot porter. J’étais porteur.

Le boulot était d’une simplicité déconcertante : prendre les seaux pleins des coupeurs de melon et le vider dans les “palox” (grandes palettes) contenant 250 kg. Boulot simple mais boulot difficile. j’ai bien sûr galéré au début mais petit à petit le rythme est venu.

coté acquis “sociaux” on pouvait noter les séances de bronzage et la musculation. Bref tout bénef. et tout cela ni payant, ni gratuit, mais rémunéré ! le rêve !

L’équipe était constitué de 3 étudiant en job d’été comme moi, 7 marocains entre 25 et 35 ans parfois surdiplomés et une équipe de portuguais de tous âge, dont était d’ailleurs le contremaitre, qui travaillaient ici depuis plusieurs années.

On attaquait à 7h du matin dans les serres : chaudes et humides, les melons y poussaient bien sûr plus vite et donc d’autant plus de boulot. Puis en fin de matinée, on partait dans les champs. De midi à une heure, pause repas. Puis on ré-attaquait jusqu’à 15 ou 17h. Un jour de congès : le dimanche (double de travail le lundi) Après une semaine, on a commencer tous à sentir que c’était un bordel sans nom : pas d’emploi du temps fixe, impossible de savoir le boulot pour l’aprem avant la fin de la matinée, on tournait entre 3 et 4 porteurs sans jamais savoir, avec l’aide très intermitente du contremaitre qui nous regardait dans les serres, remplaçant les éventuels absents et … conduisait les tracteurs dans les champs.

Après une semaine on a découvert une nouvelle activité encore plus gratifiante : le désherbage !

l’idée est enfantine : un champ de 700m de long sur 400 de large. Des lignes de semis avec des mauvaises herbes. Douze travailleurs saisonniers qui font le boulot pendant des heures, en plein soleil.

Sauf que ce mercredi 17 juin, non. Il était déjà 15h, on avait fait 7h de taff. Il faisait un soleil de plomb, pas de vent. Quelques uns s’étaient barrés à midi pour régler des affaires perso. Les portuguais travaillaient tout le temps et on avait un peu de mal à communiquer avec eux ne serais-ce que parce qu’il ne parlaient pas français pour le plupart. Restaient donc le groupe habituel moins 2 personnes. Et là, on vient me demander si je veux ou aps travailler après 15h. Alors qu’au départ j’aurais préféré faire des heures quitte à être creuvé ensuite, je fini par me ranger l’avis général qui était de se barrer dès qu’on avait fini la partie récolte. Je demande quand même confirmation au contremaitre sur le désherbage. Il parle d’aller jusqu’à 18h. Il parrait qu’il blaguait. Je décide malgré tout de partir.

C’est ce que j’ai fais. Les autres ne m’ont pas suivi, ils sont allés désherber pendant … 1h. puis la journée était finie. Le lendemain matin, je me pointe à 7h. Et là j’apprends que “pas de désherbage, pas de melon, j’aime pas qu’on se foute de ma gueule. tu pars de suite, c’est fini”

C’est ainsi que je fus viré.

19 juin 2009 Posté par rastanarko | Chronique de la vie extraordinaire | , , , , | Un commentaire

Vous avez dit insécurité ?

http://blog.effraie.org/public/images/police/police-partout_-justice-nulle-part.jpg

- Quiconque est disposé à abandonner une partie de sa liberté au nom d’une prétendue sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre – B. Franklin

J’avoue que je ne comprendrais jamais les gens de droite. Comment peut-on accepter de se faire resservir le même discours pendant 20 ans en constatant qu’il est d’une inefficacité totale dès lors que les dirigeants qui promeuve ce discours sont au pouvoir. Et comment accepter en plus que ces mêmes dirigeants se permettent de donner des leçons et de reprendre le même sujet et soient réélus à l’élection suivante, avec les chances d’insuccès que l’on sait.

Non vraiment, j’avoue ne pas comprendre comment l’on peut humainement être sensible au discours sur l’insécurité.

Pourquoi ? parce que l’insécurité est un mythe. Le besoin de sécurité n’est qu’un asservissement consenti en échange de sa liberté.

On me dira que je suis un petit-bourgeois bien-pensant qui ne connaît pas la réalité quotidienne des quartiers. C’est totalement vrai.

Mais le peu que j’ai côtoyé de “jeunes de banlieue”, d’éduc spé, m’a largement convaincu. L’insécurité elle est avant tout sociale, dans des quartiers où le chômage atteint plus de 50% chez les moins de 25 ans, où la Police est forcée de faire du chiffre pour faire grimper les statistiques d’autres bourgeois, plus confortablement installés, au pouvoir cette fois.

Et les agression ma bonne dame ? et les attaques à main armée ? Et les beurs qui occupent les cours d’immeubles ? Et puis tous ces noirs, oh qu’ils nous font peur !!! (oui parce que le con qui croit en l’insécurité à une propension très importante à être aussi raciste, mais on leur pardonne, ils sont oppressés)

prenons la réalité “officielle” pour une fois : chiffres de la délinquance 2008 : total d’infraction constatées : 3 558 329.

OH MON DIEU !!!!!

Toute Infractions confondues, 3,5 millions d’infraction. ILS SONT PARTOUT !!!

Bon infraction ça va de la tuerie en bande organisée à l’emploi de personnes sans-papiers, au vol de vélo qui vaut une garde à vue dès 6 ans, jusqu’au PV sur les routes. bref tout ce qui dépasse le cadre légal, rien de bien méchant, hormis cas exceptionnels.

Examinons de plus près : si on fait le total entre les règlements de compte entre malfaiteurs + tous les homicides possibles + toutes les tentatives d’homicide + tous les “autres coups et blessures volontaires ou criminels” on atteint le chiffre de 190 000. ouuuuuuuuuuuuh !

Et maintenant regardez les chiffres du chômage : en février 2008 selon les chiffres de l’ANPE (seule catégorie 1 donc) : 2,8 millions de personnes

Si l’on ajoute toutes les autres catégories de chômeurs existants mais non comptabilisés,  on arrive plutôt à 3,8 millions.

Et toute les 3 minutes, une personne de plus se retrouve au chômage. Donc le chiffre doit être encore grossi.

En admettant que ne serais-ce que seulement 10% de cette population se rebelle et commette des actes violents qui seraient dès lors légitimes vis-à-vis d’un système qui les exclue, on devrait alors 380 000 agressions physiques, soit le double de ce qui est actuellement atteint. Sans compter la récidive et que les infractions ne sont pas que l’apanage du pauvre (classe laborieuse, classe dangereuse)

Et là vous constatez que nous ne sommes vraiment pas à la veille d’une révolution, car ce n’est pas 10 mais plus de 50% des chômeurs actuels qui auraient des bonnes raisons légitimes de commettre des coups et blessures volontaires ou criminels.

S’ils commentaient leurs actes, les chiffres de la délinquance exploseraient, et l’insécurité serait réelle, pour la bourgeoisie. Mais là non.

bref, vous l’aurez compris, le nouveau couplet de propagande sur l’insécurité à deux semaines des élections n’a AUCUN mais absolument aucun fondement. Hormis quelques banals faits divers tragiques mais ridicules, la question de l’insécurité n’existe pas.

Nous ne sommes pas à la veille d’une révolution, car la paix sociale est assurée.

pour le plus grand bonheur des sarkozystes.

Et le plus grand malheur des prolétaires … et dire que parfois ce sont les mêmes …

Producteurs de lait, salariés de Continental, ils ont voté pour Sarkozy … ils l’ont eu. Et maintenant il ne le reprendrons plus, j’espère.

Combien d’autres drames sociaux faudra -t-il pour que les prolétaires de tout le pays s’unisse et foutent dehors la Réaction ?

En attendant, c’est pas les élections européennes qui changerons grand chose.

Mais bon, histoire de se compter, allez voter quand meme, enfin surtout si vous avez un vote anticapitaliste.

Au passage, en lisant toujours ces chiffres de la délinquance, j’ai été surpris de constater qu’on élucidait plus de délit qu’on en constatait, surtout pour la délinquance financière :

abus de biens sociaux, banqueroutes et autres délits de société 1 876 faits constatés, 2 133 faits élucidés.
les flics sont très forts, ils arrivent à élucider des affaires qu’il n’ont même pas constaté. Enfin, ce doit être un artifice administratif.

BONUS : je vous encourage à aller lire cet article d’Arrêt Sur Images, qui, si ça a baissé considérablement en qualité depuis le passage à la version site, propose de temps en temps des vrais articles vraiment intéressants, comme celui-ci  sur le discours sécuritaire. Saviez vous que Bayrou était un type de droite ? et mieux, Sarkozy un modéré niveau sécurité. c’était en 1996.

Aujourd’hui, on prend les mêmes, on fait l’inverse et on recommence !

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1996

[edit] : pour les chiffres, les sources sont le ministere de l’intérieur, lINSEE et le site actu-chomage.

3 juin 2009 Posté par rastanarko | Cracher dans le potage | , , , , , , , | 2 commentaires